Tout se joue dans le premier morceau. Dance Yrself Clean commence presque à voix basse : une petite mélodie de rien du tout, une rythmique discrète, James Murphy qui marmonne. C’est d’une simplicité désarmante. Puis tout craque d’un coup, les synthés s’abattent, et là, ça cogne. Il n’y a alors plus qu’une chose à faire : hurler, et danser jusqu’à en ressortir lavé. C’est son chef-d’œuvre, et je ne me lasserai jamais de ce moment-là.
Le reste de l’album a de qui tenir. Enregistré entre Los Angeles et le studio de DFA à New York, nourri de Bronski Beat, d’Eurythmics et d’OMD, This Is Happening devait être le dernier disque de LCD Soundsystem, et Murphy y met tout ce qu’il sait faire. Drunk Girls s’amuse comme une sale gosse, I Can Change fait briller sa synth-pop de bonbon, Pow Pow tourne en tourbillon funk, et You Wanted A Hit adresse un joli pied de nez à ceux qui réclamaient un tube.
Et puis il y a l’autre versant, celui qui serre la gorge : All I Want et Home regardent le temps passer avec une tendresse qu’on n’attend pas d’un type qui a passé sa vie à se moquer des branchés. Toute sa force est là, dans ce mélange de sarcasme et de cœur.
Murphy a fini par revenir, et tant mieux. Mais ce disque garde quelque chose d’unique : celui d’un homme qui donne tout, comme si c’était la dernière fois. Mon album de 2010, sans la moindre hésitation.