Best of 2010

  1. Pochette de From The Cradle To The Rave

    Shit Robot

    From The Cradle To The Rave

    DFA

    house · disco · New York

  2. Pochette de Church With No Magic

    PVT

    Church With No Magic

    Warp Records

    rock électronique · post-rock · Sydney

  3. Pochette de Compass

    Jamie Lidell

    Compass

    Warp Records

    soul · funk · bricolé

  4. Pochette de Nerve Up

    LoneLady

    Nerve Up

    Warp Records

    post-punk · funk · Manchester

  5. Pochette de Plays John Carpenter

    Zombie Zombie

    Plays John Carpenter

    Versatile Records

    synthés · reprises · horreur

  6. Pochette de Innerspeaker

    Tame Impala

    Innerspeaker

    Modular

    rock psychédélique · fuzz · Australie

  7. Pochette de White Rainbow

    Sei A

    White Rainbow

    Turbo

    techno · mélodique · club

  8. Pochette de DJ-Kicks

    James Holden / Various Artists

    DJ-Kicks

    Studio !K7

    mix · techno · psychédélique

  9. Pochette de …And Then We Saw Land

    Tunng

    …And Then We Saw Land

    Full Time Hobby

    folktronica · chœurs · Londres

  10. Pochette de Comedy Of Menace

    Terence Fixmer

    Comedy Of Menace

    Electric Deluxe

    techno · EBM · industriel

  11. Pochette de Lucky Shiner

    Gold Panda

    Lucky Shiner

    Ghostly International

    sampling · house · bricolé

  12. Pochette de Acolyte

    Delphic

    Acolyte

    Chimeric Records

    rock électronique · synthés · Manchester

  13. Pochette de Breslau

    Igor Boxx

    Breslau

    Ninja Tune

    trip-hop · cinématique · Pologne

  14. Pochette de Oversteps

    Autechre

    Oversteps

    Warp Records

    IDM · abstrait · textures

  15. Pochette de Cosmogramma

    Flying Lotus

    Cosmogramma

    Warp

    beat music · jazz cosmique · Los Angeles

  16. Pochette de DJ-Kicks

    Apparat / Various Artists

    DJ-Kicks

    Studio !K7

    mix · IDM · mélancolique

  17. Pochette de Grinderman 2

    Grinderman

    Grinderman 2

    Mute

    garage · blues · Nick Cave

  18. Pochette de Polyamour

    Clara Moto

    Polyamour

    Infiné

    minimal · house · délicat

  19. Pochette de One-Armed Bandit

    Jaga Jazzist

    One-Armed Bandit

    Ninja Tune

    jazz · prog · Norvège

  20. Pochette de Halcyon Digest

    Deerhunter

    Halcyon Digest

    4AD

    indie rock · dream pop · Atlanta

  21. Pochette de Rising Sun

    The Souljazz Orchestra

    Rising Sun

    Strut

    afrobeat · soul · jazz

  22. Pochette de Black Noise

    Pantha Du Prince

    Black Noise

    Rough Trade

    techno · carillons · minimal

  23. Pochette de Idiosynkrasia

    Francesco Tristano

    Idiosynkrasia

    Infiné

    piano · techno · néoclassique

  24. Pochette de In D

    Arandel

    In D

    Infiné

    électronique · acoustique · minimalisme

  25. Pochette de The Fool

    Warpaint

    The Fool

    Rough Trade

    post-punk · rêveur · Los Angeles

  26. Pochette de Small Craft On A Milk Sea

    Brian Eno

    Small Craft On A Milk Sea

    Warp Records

    ambient · cinématique · glitch

  27. Pochette de Swim

    Caribou

    Swim

    City Slang

    house · psychédélique · Canada

  28. Pochette de The March To The Stars

    DMX Krew

    The March To The Stars

    Strange Life Records

    electro · analogique · rétrofuturiste

  29. Pochette de The ArchAndroid

    Janelle Monáe

    The ArchAndroid

    Bad Boy Entertainment

    soul · funk · afrofuturisme

  30. Pochette de Walls

    Walls

    Walls

    Kompakt

    kosmische · shoegaze · boucles

  31. Pochette de There Is Love In You

    Four Tet

    There Is Love In You

    Domino

    house · boucles · organique

  32. Pochette de Acid Washed

    Acid Washed

    Acid Washed

    Record Makers / Discograph

    acid house · synthés · disco

  33. Pochette de Falling Down A Mountain

    Tindersticks

    Falling Down A Mountain

    4AD

    chamber pop · baryton · nocturne

  34. Pochette de Into The Great Wide Yonder

    Trentemøller

    Into The Great Wide Yonder

    In My Room

    électro · rock sombre · Danemark

  35. Pochette de Constellations

    Balmorhea

    Constellations

    Western Vinyl

    post-rock · néoclassique · Texas

  36. Pochette de Our Inventions

    Lali Puna

    Our Inventions

    Morr Music

    indie électronique · voix · Munich

  37. Pochette de Out Of Town

    Cantoma

    Out Of Town

    Leng

    balearic · downtempo · guitares

  38. Pochette de Black City

    Matthew Dear

    Black City

    Ghostly International

    pop électronique · sombre · Detroit

  39. Pochette de Maximum Balloon

    Maximum Balloon

    Maximum Balloon

    DGC

    funk · pop · invités

  40. Pochette de Is Fixed

    Simian Mobile Disco / Various Artists

    Is Fixed

    Defend Music Inc.

    mix · techno · house

10

Sufjan Stevens

The Age Of Adz

Asthmatic Kitty

Après la douceur folk d’Illinois, personne n’attendait Sufjan Stevens sur ce terrain. The Age Of Adz déferle dans un grand fracas d’électronique et d’orchestre, porté par l’imaginaire apocalyptique de Royal Robertson, artiste brut de Louisiane dont les œuvres habillent le disque. Derrière la démesure, c’est pourtant l’album le plus intime de son auteur, hanté par la maladie et le doute. Impossible Soul, odyssée finale, en concentre toute la folie. On en ressort essoré, et reconnaissant qu’un musicien ose encore tout brûler pour recommencer.

9

Magda

From The Fallen Page

M_nus

Figure de la famille M_nus, Magda s’est fait un nom avec des mix parmi les moins minimaux de la minimal, et son premier album lui ressemble. Il refuse de marcher droit : le groove club s’y frotte à une électronique presque macabre, loin de ce qu’on attend du label de Richie Hawtin. Doom Disco et Distance To Nowhere en sont les sommets, et Get Down Goblin donne le ton dès son titre. Un disque de nuit un peu tordu, qui sent la cave plus que le dancefloor, et c’est tant mieux.

8

Andreya Triana

Lost Where I Belong

Ninja Tune

La voix qu’on entendait déjà chez Flying Lotus et sur Black Sands s’offre son propre disque, et c’est Bonobo qui tient la production, avec une retenue admirable. Tout le superflu a été retiré pour laisser Andreya Triana en pleine lumière : une guitare, quelques cordes, un souffle. Draw The Stars et Far Closer touchent par leur simplicité, et le morceau-titre prend le temps de vous envelopper. Un album de plaisirs discrets mais nombreux, qui gagne à chaque écoute et se garde précieusement pour la fin de journée.

7

Bot’ox

Babylon By Car

I’m A Cliché

Cosmo Vitelli et Julien Briffaz signent, sur le propre label du premier, un album tout entier obsédé par la voiture. Motor City, Overdrive, Crashed Cadillac, Car Jacked : le ton est donné, et l’on s’attendrait à une blague. C’est tout le contraire, un disque sombre et tendu, à la croisée de l’electro, de la synth-pop et du disco, qui file de nuit sur des routes désertes. Le morceau-titre comme Tout Passe, Tout Lasse, Tout Casse ont ce chic français un peu vénéneux qui n’appartient qu’à eux.

6

Toro Y Moi

Causers Of This

Carpark Records

On a rangé Chaz Bundick dans la case chillwave, et c’est bien réducteur. Ce Sud-Carolinien bricolait dans sa chambre depuis dix ans quand Causers Of This l’a révélé, et ce premier album déborde de partout : des refrains pop limpides, une basse qui pulse, et surtout du funk, là où il se révèle le meilleur. Blessa ouvre le disque et résume tout, jusqu’à ce flou d’été qui colle à la peau. Une production méticuleuse, sous des airs de douce négligence.

5

Agnes Obel

Philharmonics

Play It Again Sam

Une Danoise installée à Berlin, un piano, très peu d’autre chose, et un silence qui fait toute la différence. Agnes Obel a enregistré et produit elle-même ce premier album, et cette nudité désarme. Riverside et Just So ont fait le tour de l’Europe sans jamais hausser le ton, et sa reprise de Close Watch, de John Cale, semble avoir toujours été à elle. Mon édition y ajoute un concert à Copenhague et des versions au piano seul. Un disque d’hiver, à écouter en regardant la neige tomber.

4

Chloé

One In Other

Kill The DJ Records

Pilier de Kill The DJ, Chloé affine sur ce deuxième album l’univers hanté de The Waiting Room, sans jamais se disperser. Il y a là de lentes mélancolies, des dérives psychédéliques, et quelques éclaircies pop dignes de Stereolab, qu’on n’attendait pas forcément d’elle. Distant, One Ring Circus et Slow Lane en sont les grands moments. La Parisienne y construit une électronique très personnelle, à mille lieues des modes du moment. C’est l’un des disques français les plus singuliers de l’année.

3

Bonobo

Black Sands

Ninja Tune

Days To Come, en 2006, avait entamé la métamorphose de Simon Green. Black Sands en est le deuxième acte, et je n’y trouve absolument rien à redire. Encore un producteur que je place tout en haut : celui-là ne me déçoit jamais.

Ce qui me sidère, c’est qu’il joue presque tout lui-même : piano, contrebasse, guitares, mandoline, Rhodes, harpe, xylophone. Et rien ne sent l’effort. Les cordes de Prelude cèdent la place aux breakbeats et aux voix découpées de Kiara, Kong balance sur ses percussions latines, El Toro lâche un violon au milieu des cuivres dans une fête aux couleurs du Brésil. Soul, jazz, hip-hop, 2-step : tout se mélange, et chaque écoute révèle un détail de plus.

Andreya Triana apporte là-dessus sa voix chaude et terrienne, sur Eyesdown et The Keeper. Et le morceau-titre referme le disque sur une valse mélancolique, portée par les cuivres, d’une élégance folle. Après ça, je l’aurais suivi n’importe où.

2

Prins Thomas

Prins Thomas

Full Pupp

Mon numéro 1 de 2009 était signé à deux. L’année suivante, Prins Thomas publie enfin son premier album seul, et je n’avais pas besoin d’une autre raison : mon amour pour l’électronique scandinave trouvait là, tout simplement, sa suite.

Il s’éloigne presque entièrement du dancefloor pour une longue dérive enregistrée dans son studio d’Oslo. Des pulsations motorik dignes de Neu!, des brumes à la Popul Vuh, et des guitares partout : Uggebugg s’offre un passage de western spaghetti, Ørkenvandring glisse à la manière de Michael Rother, Nattønsket contemple les étoiles sur un funk bien net.

Wendy Not Walter, clin d’œil à Wendy Carlos, ramène le disco cosmique dans la pièce, et Lindstrøm n’est jamais bien loin : ses claviers traînent sur ce morceau comme sur Sauerkraut. L’ensemble tient de la jam entre amis, avec ce qu’il faut de chaleur et de spontanéité. C’est un disque qui ne cherche à convaincre personne, et c’est sans doute pour ça qu’il m’a conquis.

1
Pochette de This Is Happening

LCD Soundsystem

This Is Happening

Tout se joue dans le premier morceau. Dance Yrself Clean commence presque à voix basse : une petite mélodie de rien du tout, une rythmique discrète, James Murphy qui marmonne. C’est d’une simplicité désarmante. Puis tout craque d’un coup, les synthés s’abattent, et là, ça cogne. Il n’y a alors plus qu’une chose à faire : hurler, et danser jusqu’à en ressortir lavé. C’est son chef-d’œuvre, et je ne me lasserai jamais de ce moment-là.

Le reste de l’album a de qui tenir. Enregistré entre Los Angeles et le studio de DFA à New York, nourri de Bronski Beat, d’Eurythmics et d’OMD, This Is Happening devait être le dernier disque de LCD Soundsystem, et Murphy y met tout ce qu’il sait faire. Drunk Girls s’amuse comme une sale gosse, I Can Change fait briller sa synth-pop de bonbon, Pow Pow tourne en tourbillon funk, et You Wanted A Hit adresse un joli pied de nez à ceux qui réclamaient un tube.

Et puis il y a l’autre versant, celui qui serre la gorge : All I Want et Home regardent le temps passer avec une tendresse qu’on n’attend pas d’un type qui a passé sa vie à se moquer des branchés. Toute sa force est là, dans ce mélange de sarcasme et de cœur.

Murphy a fini par revenir, et tant mieux. Mais ce disque garde quelque chose d’unique : celui d’un homme qui donne tout, comme si c’était la dernière fois. Mon album de 2010, sans la moindre hésitation.