Il fait plus chaud sur ce disque que sur une plage de Rio en plein janvier. On n’attend pourtant pas ça d’Oslo. Mais la nu disco norvégienne a toujours eu ce paradoxe, et personne ne l’incarne mieux que Hans-Peter Lindstrøm et Prins Thomas, deux musiciens que je suis depuis des années et qui ne m’ont jamais déçu. L’année d’avant, Lindstrøm figurait déjà dans mon top 10. Les retrouver à deux pour un second album commun, c’était Noël en mai.
Ils ne se contentent pas de refaire le premier. II se joue davantage qu’il ne se programme : une vraie basse, de vraies guitares, des bongos, du glockenspiel, un piano qui glisse. Le disque se relâche, s’étire, préfère le groove d’une longue répétition à l’efficacité du club. À vrai dire, ce n’est presque plus de la disco, plutôt un rêve des années 70 où le prog, le funk et la science-fiction auraient fini par s’entendre.
Cisco installe tout de suite ce balancement interstellaire. For Ett Slikk Og Ingenting prend des airs d’exotica, Rett På lâche un synth-funk à la Jan Hammer, Skal Vi Prøve Nå mélange la forêt et l’espace comme le ferait Yellow Magic Orchestra. Et Flue På Veggen referme le voyage sans aucune hâte.
Aucun refrain à attendre, aucune montée à guetter. C’est tout ce que j’aime : une musique qui n’a pas besoin d’arriver quelque part, qu’on peut laisser tourner un matin avec un café ou un soir avec une bière, et qui rend toute chose un peu plus douce. Mon album de 2009, avec le sourire.