Best of 2009

  1. Pochette de Tales Of A Kleptomaniac

    Laurent Garnier

    Tales Of A Kleptomaniac

    [PIAS] Recordings

    techno · jazz · éclectique

  2. Pochette de Noble Beast

    Andrew Bird

    Noble Beast

    Bella Union

    folk · violon · sifflé

  3. Pochette de Tummaa

    Vladislav Delay

    Tummaa

    Leaf

    ambient · dub · percussions

  4. Pochette de A Pox On The Pioneers

    Andrew Weatherall

    A Pox On The Pioneers

    Rotters Golf Club

    post-punk · rock électronique · rockabilly

  5. Pochette de Sing Along To Songs You Don’t Know

    múm

    Sing Along To Songs You Don’t Know

    Morr Music

    pop électronique · bricolé · Islande

  6. Pochette de Hard For Justice

    Bronnt Industries Kapital

    Hard For Justice

    Get Physical Music

    synth-funk · motorik · instrumental

  7. Pochette de Immolate Yourself

    Telefon Tel Aviv

    Immolate Yourself

    BPitch Control

    synth-pop · IDM · sombre

  8. Pochette de Merriweather Post Pavilion

    Animal Collective

    Merriweather Post Pavilion

    Domino

    pop psychédélique · boucles · samples

  9. Pochette de Music Components Rev2

    Rebotini

    Music Components Rev2

    Citizen Records

    techno analogique · remix · machines

  10. Pochette de System

    Linkwood

    System

    Prime Numbers

    deep house · analogique · Édimbourg

  11. Pochette de The Strange New World Of Bernard Fevre

    Bernard Fevre

    The Strange New World Of Bernard Fevre

    Lo Recordings

    disco électronique · synthés · rétrofuturiste

  12. Pochette de Real Life Is No Cool

    Lindstrøm & Christabelle

    Real Life Is No Cool

    Feedelity

    disco · funk · voix

  13. Pochette de Moderat

    Moderat

    Moderat

    BPitch Control

    techno · pop électronique · Berlin

  14. Pochette de Ambivalence Avenue

    Bibio

    Ambivalence Avenue

    Warp Records

    folk · hip-hop · psychédélique

  15. Pochette de Two

    Miss Kittin And The Hacker

    Two

    Nobody’s Bizzness

    electroclash · synth-pop · froid

  16. Pochette de Tarot Sport

    Fuck Buttons

    Tarot Sport

    ATP Recordings

    noise · drone · transe

  17. Pochette de Jay Stay Paid

    J Dilla

    Jay Stay Paid

    Nature Sounds

    hip-hop · instrumental · posthume

  18. Pochette de Timber Timbre

    Timber Timbre

    Timber Timbre

    Arts & Crafts International

    folk · blues · gothique

  19. Pochette de Tribute To The Sun

    Luciano

    Tribute To The Sun

    Cadenza

    minimal · percussions · solaire

  20. Pochette de Temporary Pleasure

    Simian Mobile Disco

    Temporary Pleasure

    Wichita

    electro-pop · house · invités

  21. Pochette de Ay Ay Ay

    Matias Aguayo

    Ay Ay Ay

    Kompakt

    techno · voix · percussions

  22. Pochette de Space Oddities Vol. 2

    Various Artists

    Space Oddities Vol. 2

    Permanent Vacation

    compilation · cosmique · raretés

  23. Pochette de Institute Of Joy

    A Mountain Of One

    Institute Of Joy

    10 Worlds

    rock planant · balearic · psychédélique

  24. Pochette de Yesterday And Today

    The Field

    Yesterday And Today

    Kompakt

    techno · boucles · shoegaze

  25. Pochette de Kill For

    Kill For Total Peace

    Kill For

    Pan European Recording

    electro · post-punk · Paris

  26. Pochette de B

    Turzi

    B

    Record Makers

    psychédélique · kosmische · instrumental

  27. Pochette de The Inner Jukebox

    DJ T.

    The Inner Jukebox

    Get Physical Music

    house · disco · groove

  28. Pochette de Milky Ways

    Joakim

    Milky Ways

    Versatile Records

    electro-pop · disco · psychédélique

  29. Pochette de Born Like This

    DOOM

    Born Like This

    Lex Records

    rap · abstrait · masqué

  30. Pochette de We Hear You

    Luke Vibert

    We Hear You

    Planet Mu

    acid · breakbeat · ludique

  31. Pochette de Let The Love Flow

    Fuckpony

    Let The Love Flow

    BPitch Control

    house · minimal · espiègle

  32. Pochette de Songs About Dancing And Drugs

    Circlesquare

    Songs About Dancing And Drugs

    !K7 Records

    pop électronique · minimal · chanté

  33. Pochette de Totems Flare

    Clark

    Totems Flare

    Warp Records

    IDM · techno · accidenté

  34. Pochette de Winterhwila

    Fontän

    Winterhwila

    Information

    krautpop · cosmique · Suède

  35. Pochette de Mother

    Susumu Yokota

    Mother

    Lo Recordings

    ambient · voix · onirique

  36. Pochette de See Mystery Lights

    Yacht

    See Mystery Lights

    DFA

    electro-pop · art-punk · Portland

  37. Pochette de The Future Will Come

    The Juan MacLean

    The Future Will Come

    DFA

    house · new wave · New York

  38. Pochette de One

    Ben Klock

    One

    Ostgut Ton

    techno · Berlin · hypnotique

  39. Pochette de Rules

    The Whitest Boy Alive

    Rules

    Bubbles Records

    indie-pop · guitare · groove

  40. Pochette de Horse Meat Disco

    Various Artists

    Horse Meat Disco

    Strut Records

    compilation · disco · Londres

10

Desire

II

Italians Do It Better

Le premier album de Desire s’appelle II, et ce n’est que le début de l’élégance du projet. Johnny Jewel, patron d’Italians Do It Better, tisse des synthés de nuit autour de la voix de Megan Louise, qui glisse du français à l’anglais comme d’une chambre à l’autre. Montre Moi Ton Visage, Dans Mes Rêves : l’italo-disco devient ici une affaire de regards en coin. Under Your Spell, promis à la bande originale de Drive, en reste le sommet glacé. Et pas un faux pas sur tout le disque.

9

Smith & Mudd

Le Suivant

Claremont 56

Ben Smith et Paul Murphy, alias Mudd, délaissent le dancefloor pour un disque d’été qui mêle folk, jazz, disco et influences indiennes. Son titre signifie simplement « le suivant », celui d’après Blue River, et cette modestie lui va bien : à la question de savoir si c’est du balearic, Mudd répondait espérer que ce soit juste de la belle musique. De New Sofa à Annette Road, c’est exactement cela. Mon édition ajoute un mix de Recloose et une longue version des Idjut Boys.

8

Henrik Schwarz / Âme / Dixon / Various Artists

The Grandfather Paradox

BBE Records

Henrik Schwarz, Âme et Dixon ont eu une idée de collectionneurs fous : retracer cinquante ans de musique minimaliste, de Steve Reich à Robert Hood, comme si ces disques avaient toujours dialogué. Le résultat s’écoute à la fois comme un cours d’histoire et comme un set. Arthur Russell y croise Can, Conrad Schnitzler et Cymande, et l’on y retrouve même Étienne Jaumet, mon numéro 2 de l’année. D’où ce paradoxe du grand-père : le passé y sonne plus neuf que l’avenir.

7

Hell

Teufelswerk

International Deejay Gigolo Records

Double album en deux temps, Teufelswerk sépare la nuit et le jour, et le patron de Gigolo y voit grand. Côté nuit, l’electro de Munich tourne à plein régime, avec Bryan Ferry sur U Can Dance et P. Diddy, inattendu et furieux, sur The DJ. Côté jour, le tempo retombe et le psychédélisme s’invite, jusqu’à une reprise de Silver Machine de Hawkwind. Peter Kruder et Anthony Rother passent aussi par là. Cent quatorze minutes d’une ambition sans complexe, et sans doute le grand œuvre de DJ Hell.

6

BEAK>

BEAK>

Invada

Geoff Barrow s’échappe de Portishead et s’enferme à Bristol avec Billy Fuller et Matt Williams. La règle est stricte : douze jours, une seule pièce, tout joué ensemble, aucun ajout après coup. Il en sort un krautrock poisseux, sec et hypnotique, où la basse tourne comme une machine agricole et où bien des titres portent le nom d’un coin de la région, de Backwell à Blagdon Lake. Aucune retouche, nulle part : on entend trois musiciens dans une pièce, et c’est précisément ce qui fascine.

5

Air

Love 2

Virgin

Air se produit lui-même et enregistre pour la première fois dans son propre studio, l’Atlas, au nord de Paris. Cette liberté s’entend. Joey Waronker, compagnon de leur tournée en Asie du Sud-Est, donne à la batterie un vrai poids, et le duo retrouve un entrain qu’on n’attendait plus, de Do The Joy à Eat My Beat. Be A Bee butine, Tropical Disease prend le temps de s’installer. Les Versaillais n’ont plus rien à prouver, et Love 2 a la grâce légère d’une récréation.

4

Rone

Spanish Breakfast

Infiné

Premier album d’Erwan Castex, et déjà tout Rone : une électronique tendre, joueuse, qui lorgne pourtant vers la deep house et la minimal. Bora Vocal lui offre son moment le plus fort, avec l’écrivain Alain Damasio qui y récite ses propres textes de science-fiction. Tasty City, sombre, avec son violoncelle et son piano, montre l’autre visage du disque, loin de l’insouciance du morceau-titre. Chez InFiné, c’est la naissance d’une des plus belles signatures de l’électronique française.

3

Gui Boratto

Take My Breath Away

Kompakt

Il y a des producteurs dont je guette chaque sortie, et Gui Boratto en fait partie. Ce Brésilien a passé des années à fabriquer des jingles et à travailler en studio pour les autres avant de signer sous son nom chez Kompakt, et ça s’entend : rien ne dépasse, chaque son est à sa place. C’est sa façon de produire qui me fascine.

Car il réussit ce que si peu de monde réussit : une house qui vous soulève de terre sans jamais tirer sur les grosses ficelles. Le morceau-titre laisse des pulsations effervescentes ronger peu à peu un beat massif. Atomic Soda pétille, Opus 17 se fredonne longtemps après, et No Turning Back, avec sa guitare, son piano et la voix de Luciana Villanova, sa femme, ouvre grand les fenêtres en gardant toute sa pudeur.

Des guitares qui rappellent New Order affleurent ici et là, les mélodies se déforment juste assez pour rester troublantes, et Godet referme le tout au piano, avec une gravité inattendue. Après Chromophobia, ce deuxième album vise le cœur autant que les pieds. Je n’ai pas fini de le suivre.

2

Etienne Jaumet

Night Music

Versatile Records

L’année précédente, Zombie Zombie avait été mon album de l’année, et mon appétit pour les synthés et les bruits électroniques ne faisait que grandir. Le premier disque solo de sa moitié aux machines tombait donc à pic. Étienne Jaumet y joue pratiquement tout seul, sur ses vieilles boîtes, avec Carl Craig au mixage : Detroit au chevet de ce Parisien qui a commencé par le saxophone.

L’entrée en matière ne ressemble à rien. For Falling Asleep porte très mal son titre, et tant mieux : des synthés qui gargouillent, un saxophone esseulé, la harpe d’Emmanuelle Parrenin et quelque chose d’oriental qui rôde. Mental Vortex et Entropy serrent ensuite la vis, avec leur disco allemande et leur répétition à la Steve Reich. Through The Strata imagine un souk installé dans une usine. At The Crack Of Dawn boucle au petit matin sur un saxophone filtré, qui sonne comme un appel à la prière.

Le titre dit tout : c’est un disque de nuit, celui d’un homme seul avec ses machines, qui les écoute autant qu’il en joue. Je ne connais pas beaucoup de plus beaux bruits.

1
Pochette de II

Lindstrøm & Prins Thomas

II

Eskimo Recordings

Il fait plus chaud sur ce disque que sur une plage de Rio en plein janvier. On n’attend pourtant pas ça d’Oslo. Mais la nu disco norvégienne a toujours eu ce paradoxe, et personne ne l’incarne mieux que Hans-Peter Lindstrøm et Prins Thomas, deux musiciens que je suis depuis des années et qui ne m’ont jamais déçu. L’année d’avant, Lindstrøm figurait déjà dans mon top 10. Les retrouver à deux pour un second album commun, c’était Noël en mai.

Ils ne se contentent pas de refaire le premier. II se joue davantage qu’il ne se programme : une vraie basse, de vraies guitares, des bongos, du glockenspiel, un piano qui glisse. Le disque se relâche, s’étire, préfère le groove d’une longue répétition à l’efficacité du club. À vrai dire, ce n’est presque plus de la disco, plutôt un rêve des années 70 où le prog, le funk et la science-fiction auraient fini par s’entendre.

Cisco installe tout de suite ce balancement interstellaire. For Ett Slikk Og Ingenting prend des airs d’exotica, Rett På lâche un synth-funk à la Jan Hammer, Skal Vi Prøve Nå mélange la forêt et l’espace comme le ferait Yellow Magic Orchestra. Et Flue På Veggen referme le voyage sans aucune hâte.

Aucun refrain à attendre, aucune montée à guetter. C’est tout ce que j’aime : une musique qui n’a pas besoin d’arriver quelque part, qu’on peut laisser tourner un matin avec un café ou un soir avec une bière, et qui rend toute chose un peu plus douce. Mon album de 2009, avec le sourire.